Premier producteur africain de diamants en volume et deuxième au monde, le Botswana continue de subir les effets d’un marché mondial en difficulté. Entre la baisse de la demande et la progression des diamants de synthèse, les perspectives pour 2026 restent incertaines pour ce secteur qui constitue l’un des piliers de l’économie nationale.

Des revenus attendus en baisse
L’industrie diamantifère botswanaise traverse une période délicate. La compagnie minière canadienne Lucara Diamond a annoncé, le 3 mars dernier, prévoir une baisse des revenus issus de sa mine de Mine de Karowe pour l’exercice 2026.
Cette prévision intervient dans un contexte de ralentissement prolongé du marché mondial du diamant. La demande évolue au ralenti, notamment sous l’effet de la montée des diamants de synthèse, qui accentuent la pression sur les prix.
Les performances financières de la mine de Karowe illustrent cette tendance. Après avoir généré 203,9 millions de dollars en 2024, les revenus ont reculé à 159,7 millions de dollars en 2025. Pour 2026, Lucara prévoit désormais un chiffre d’affaires compris entre 100 et 130 millions de dollars, en raison d’une baisse attendue des volumes de vente.

De Beers revoit également ses objectifs
Les perspectives ne sont guère plus encourageantes pour De Beers, opérateur des deux principales mines du pays : Mine d’Orapa et Mine de Jwaneng. Ces deux sites représentent à eux seuls plus de 70 % de la production du groupe.
La compagnie a récemment revu à la baisse ses objectifs pour l’année en cours. La production maximale attendue est désormais estimée à 26 millions de carats, contre une projection initiale de 29 millions.
Cette révision intervient après une année 2025 déjà marquée par un recul de 16 % des volumes extraits. Dans une note publiée le 20 février, De Beers évoque des perspectives commerciales difficiles à court terme, liées notamment à l’instabilité macroéconomique mondiale, à une gestion prudente des stocks dans la filière et à l’essor des diamants de synthèse.

Une économie nationale sous pression
Au-delà des compagnies minières, cette situation pèse également sur l’économie du Botswana. Le pays dépend fortement de l’exploitation du diamant, qui représente environ un tiers de ses recettes fiscales et près de 25 % de son produit intérieur brut.
Les autorités s’attendent ainsi à une deuxième année consécutive de contraction économique en 2025, avec une croissance estimée à -3 %. Dans le même temps, les revenus miniers devraient atteindre 10,3 milliards de pulas, soit environ 768 millions de dollars, pour l’exercice budgétaire 2025-2026. Ce niveau reste largement inférieur à la moyenne historique estimée à 25,3 milliards de pulas.
Diversifier l’économie
Face à ces difficultés, les autorités de Gaborone cherchent à réduire la dépendance du pays à l’industrie diamantifère. Un nouveau plan quinquennal de développement prévoit notamment des investissements dans les infrastructures de transport, l’approvisionnement en eau et le logement.
Le Botswana n’est d’ailleurs pas le seul pays africain concerné par les fluctuations du marché du diamant. D’autres producteurs majeurs du continent, comme Angola et la Namibie, subissent également les effets de cette conjoncture défavorable.





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