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Métaux critiques : le Japon accélère en Afrique pour sécuriser ses approvisionnements

La bataille mondiale pour les métaux stratégiques s’intensifie — et le Japon avance ses pions en Afrique. À l’image des États-Unis, Tokyo multiplie les initiatives sur le continent, de la Namibie à Madagascar, avec un objectif clair : sécuriser durablement l’accès aux ressources indispensables à son industrie.

Dernier mouvement en date : le groupe japonais ITOCHU Corporation annonce un nouvel investissement dans la mine polymétallique Platreef, en Afrique du Sud, opérée par Ivanhoe Mines. Une opération stratégique centrée sur l’accès au nickel et au cuivre, deux métaux clés pour la transition énergétique.

Platreef, un actif au cœur des enjeux industriels

L’investissement d’ITOCHU s’effectue via ITC Platinum (IPTD), un consortium qui inclut également la société publique japonaise JOGMEC. Déjà détenteur de 10 % du projet, ce véhicule d’investissement devrait bénéficier d’un renforcement de ses capacités, même si les détails financiers n’ont pas été dévoilés.

Au-delà de la prise de participation, l’enjeu est clair : sécuriser des volumes. Les accords en place permettent en effet aux investisseurs japonais d’acheter une part de la production proportionnelle à leur engagement, garantissant ainsi un approvisionnement stable pour l’économie nippone.

Inaugurée en novembre 2025, la mine de Platreef entame actuellement sa première phase d’exploitation. Ivanhoe Mines, qui détient 64 % du projet, prévoit une production annuelle de :

  • 100 000 onces de platine, palladium, rhodium et or (3PE+Au)
  • 2 000 tonnes de nickel
  • 1 000 tonnes de cuivre

Un profil polymétallique qui confère à Platreef une importance stratégique majeure.

Un levier clé pour l’automobile et l’électrification

Pour le Japon, l’enjeu dépasse largement le secteur minier. Ces métaux sont au cœur de son appareil industriel :

  • le platine et le palladium pour les catalyseurs automobiles,
  • le nickel pour les batteries et alliages industriels,
  • le cuivre pour les infrastructures électriques et la transition énergétique.

Dans un contexte de transformation accélérée vers les véhicules électriques et les technologies bas carbone, sécuriser ces ressources devient une priorité nationale.

Anticiper la montée en puissance du projet

Ce nouvel investissement intervient à un moment charnière. Ivanhoe Mines prépare déjà la phase 2 du projet Platreef, avec un objectif ambitieux : multiplier les capacités de production.

À terme, la mine devrait atteindre :

  • 450 000 onces annuelles de 3PE+Au
  • 9 000 tonnes de nickel
  • 5 600 tonnes de cuivre

Pour accompagner cette expansion, environ 600 millions de dollars ont été mobilisés, avec un lancement des travaux prévu dès la sécurisation des financements et une mise en service attendue autour de 2027.

Une stratégie africaine à grande échelle

L’offensive japonaise ne se limite pas à Platreef. Tokyo étend progressivement son empreinte sur le continent :

  • en Afrique du Sud, avec le projet Waterberg, également centré sur les métaux du groupe du platine,
  • en Namibie, avec des positions sur le projet de terres rares de Lofdal,
  • et dans d’autres juridictions riches en ressources critiques.

À travers JOGMEC, l’État japonais joue un rôle clé en soutenant ces investissements et en structurant une stratégie d’approvisionnement à long terme.

L’Afrique, nouvel épicentre de la guerre des ressources

Cette montée en puissance du Japon confirme une tendance de fond : l’Afrique s’impose comme un terrain central de la compétition mondiale pour les métaux critiques.

Face à la demande croissante liée à la transition énergétique et aux tensions sur les chaînes d’approvisionnement, les grandes puissances redoublent d’efforts pour sécuriser leurs accès.

Dans ce jeu stratégique, les projets comme Platreef ne sont plus de simples mines — ils deviennent des actifs géopolitiques majeurs.

Le Fondateur Sous-sol d’Afrique Né du cœur de l’Afrique, au service de sa transformation.

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