Libreville, 20 janvier 2026 – La coopération économique entre le Gabon et la France franchit une nouvelle étape stratégique. Reçu en audience par le ministre des Mines et des Ressources géologiques, Sosthène Nguema Nguema, l’ambassadeur de France au Gabon, Fabrice Mauriès, a échangé avec les autorités gabonaises autour des priorités du secteur minier, avec un focus affirmé sur la transformation locale du manganèse, désormais au cœur de la politique industrielle nationale.
Cette rencontre, officiellement inscrite dans le cadre d’une visite de courtoisie, a surtout permis de réaffirmer la convergence des intérêts économiques entre Libreville et Paris, dans un contexte où le Gabon accélère la refonte de son modèle extractif.

La France demeure l’un des partenaires économiques majeurs du Gabon. Le pays compte actuellement 85 filiales d’entreprises françaises, tous secteurs confondus, représentant près de 12 000 emplois directs. Dans le domaine minier, cette présence est particulièrement significative, tant par l’ancienneté des investissements que par leur poids stratégique dans l’économie nationale.
Le secteur extractif, et plus précisément celui du manganèse, occupe une place centrale dans cette coopération. Le Gabon figure parmi les tout premiers producteurs mondiaux de manganèse, un minerai critique pour la sidérurgie, les alliages industriels et, de plus en plus, pour les technologies liées à la transition énergétique.

Au cœur des échanges entre le ministre gabonais et le diplomate français : la transformation locale du manganèse, désormais érigée en axe structurant de la politique minière du Gabon. L’objectif est clair : rompre progressivement avec le modèle d’exportation brute des ressources naturelles pour maximiser la valeur ajoutée sur le territoire national.
Cette orientation s’inscrit pleinement dans la vision portée par le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui fait de l’industrialisation et de la souveraineté économique des leviers majeurs du redressement national. À travers cette stratégie, les autorités entendent non seulement créer des emplois qualifiés, mais aussi renforcer le tissu industriel local et améliorer les retombées économiques pour l’État.

Le gouvernement gabonais ambitionne ainsi d’atteindre une transformation intégrale du manganèse extrait d’ici 2029, une échéance qui marque un tournant décisif pour l’ensemble de la filière minière.

Cette ambition s’appuie sur des acteurs industriels déjà implantés et engagés dans la transformation locale. À Moanda, cœur historique de l’exploitation du manganèse, le complexe métallurgique existant constitue une première étape concrète vers l’industrialisation du minerai. D’autres projets, portés par des opérateurs nationaux et internationaux, viennent renforcer cette dynamique, avec la construction annoncée d’unités de transformation d’alliages à forte valeur ajoutée.
Dans ce contexte, les entreprises françaises actives dans le secteur minier sont appelées à jouer un rôle clé, notamment en matière de transfert de technologies, de formation des compétences locales et de structuration des chaînes de valeur industrielles.

Au-delà des enjeux strictement miniers, l’audience accordée à l’ambassadeur de France illustre une volonté partagée de refonder la coopération économique sur des bases plus équilibrées, intégrant pleinement les priorités de développement du Gabon.

La transformation locale du manganèse apparaît ainsi comme un symbole fort de cette nouvelle approche, où partenariat international et souveraineté économique ne s’opposent plus, mais se complètent. Pour Libreville, il s’agit de bâtir une croissance durable, inclusive et créatrice de valeur, en capitalisant sur ses ressources naturelles tout en préparant l’économie nationale aux défis de demain.






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